Le couple était le liant de tout un paquet d’aménagements terrestres. Maintenant que ça a sauté, tout est reconsidéré… C’est bien, ça demande de faire de nouveaux choix, en accord avec son nouveau soi…. La vie n’est pas mal fagotée, tout va finalement s’assembler dans une configuration nouvelle, jamais considérée, et finalement parfaite.

Ce qui est intéressant, c’est que les choix que nous faisions en tant que « couple » ne sont plus les mêmes maintenant.

Plus les mêmes du tout… ça révèle à quel point nous faisions des compromis, à quel point on se coupait des bras et des jambes pour « entrer dans la même voiture ».

Aujourd’hui j’en suis convaincue : nos deux enfants nous ont choisi pour s’incarner. Ils nous ont choisi comme parents. On a cru qu’on devait « assumer » le fait d’avoir eu des enfants en restant ensemble à tout prix.

Mais ils ne nous ont pas forcément demandé ça en venant s’incarner avec nous.

L’injonction venait d’ailleurs… Mémoires familiales, société… ?

J’ai l’impression que nos enfants ont surtout envie qu’on soit en accord avec nous mêmes.

Séparés ou ensemble, qu’importe mais en joie !

Maintenant que cette configuration de couple n’est plus… Je dois me retrouver.

Je me suis perdue en chemin, dans le jeu des projections du rester ensemble. J’ai éteint une partie de mon énergie pour ça. J’ai oublié ma vraie nature. Dans cette obligation implicite auto-imposée, je ne me reconnaissais plus.

Mon « couple » était devenu un espèce de pièce de théâtre où les réservoirs inconscients s’exprimaient. Toutes les choses irrésolues de nos deux familles passaient à travers nous. J’avais l’impression parfois d’être possédée par des énergies qui ne m’appartenaient pas.

J’ai longtemps cru qu’il fallait nettoyer tout ça, et c’est ce qu’on a fait pendant des années.

On a appris plein de choses ensemble. En fait un défi commun aux problématiques de nos deux familles c’était s’écouter d’abord. Faire des choix pour soi. Arrêter de se sacrifier. Etre dans le vrai, pas dans le paraître. Et assumer cela face à ceux qui ne l’ont pas assumé avant nous.

Oui je te laisse imaginer les réactions de nos familles !

Ça a fait remonter tout ça aussi.

Les peurs, les déceptions, le découragement des proches… « Pour une fois qu’elle « réussit » quelque chose dans sa vie… »

Et dans cette situation, beaucoup ont cru que c’était moi « la lâcheuse » et l’autre la « victime »…

A qui ça appartient ?

Tout ça parce que je me sens responsable de ce qui m’arrive et que je ne joue pas à la victime ? C’est louche… !

« C’est bizarre elle n’essaie pas de se battre pour son couple » ?

Drôles de projections sur la femme !

Drôles de projections sur l’homme !

En fait oui j’ai essayé de me battre… A vouloir des choses pour l’autre, à attendre des choses qui ne pouvaient pas venir. A vouloir sauver et guérir, avec le miroir aux alouettes des potentiels inutilisés…

Que c’est éreintant !

Oui j’ai lâché ça. J’ai décidé de ne plus porter de sacs à dos.

Et je réalise que chacun est libre de son rythme, de son chemin, de sa destination, et des apprentissages à faire sur cette terre !