Voir chez les autres ce qui ne va pas, voilà qui est toujours plus facile à faire que pour soi. Soulever son propre couvercle, des choses qui mijotent et qui font mal, c’est un peu plus dur. On a tous des trucs qu’on préfère balayer sous le tapis et s’occuper plus tard… Et depuis quelques jours, je m’attaque au mien, de couvercle.

Dès que tout ne circule pas facilement dans ma vie, quand le doute s’installe, quand ça devient confus, pour sûr c’est quelque chose qui moisit dans un coin !

Qu’est-ce qui n’est pas aligné dans ma vie ?

Quel est le mensonge ici que je n’ai pas voulu voir ?

Sont des questions que je pose…

Et là, je reconnais que des choses ont besoin d’être changées. Au niveau du « couple » en fait.

Pour nous ici, la séparation est un long processus. On a eu des doutes, des envies de continuer, de faire des efforts, de refaire des projets ensemble pour rallumer le feu… Mais non ce n’est pas possible….

On s’est raconté l’histoire que si on le voulait, on pourrait peut-être repartir de zéro, avec notre nouvelle conscience d’aujourd’hui… On a imaginé toutes sortes de configurations pour éviter une vraie rupture.

Bon, c’est sûr, avec des enfants, c’est un peu plus complexe que quand tu es seul(e).

Eux seront toujours nos enfants, on sera toujours liés par eux. On ne peut pas juste se dire Salut et bon vent !

Mais voilà, il faut reconnaître que notre relation change de cap. 6 mois de processus entre le choix d’aller vers là et la séparation physique. Avec des périodes d’alternance entre ici et ailleurs.

Il y eu des étapes à passer. De l’indépendance à retrouver.

9 ans de vie commune, 2 enfants, 7 déménagements. Et que de transformations vécues ensemble.

Le 8e déménagement sera la séparation physique de nos corps et nos affaires. Un sacré pas vers le changement.

Défaire les nœuds. Les liens trop emmêlés. Séparer le subtil de l’épais. Je me suis même dit « Peut-être qu’on va se revoir en « astral » et se redécouvrir complètement ?! »

Non, le travail doit être fait et ne peut pas être bâclé ou mis de côté.

Chacun de son côté, on doit affronter nos peurs, nos limites.

Et bien sûr qu’on a essayé de trouver des subterfuges pour ne pas y aller.
Maintenant on y va.

On fait face ?

Qu’est-ce qui retient ?

La nostalgie ?

Le fait de réussir à voir « au delà », le potentiel de la relation ?

Le fait d’oublier facilement tout ce qui ne fonctionne pas ?

De se rappeler de tous les bons moments ?

Et de pouvoir encore en créer de nouveaux… ?

Pour moi le plus gros frein ça a été les enfants. Ils sont petits, mignons, et tellement joyeux… J’ai eu peur qu’on ternisse cette joie. Et puis au fil des mois et de la vérité qui revient, je les ai vus se détendre. Les tensions se sont estompées. Une fois le couvercle soulevé, et la conscience arrivée, je les ai vus s’adapter à la nouvelle énergie, aux différentes phases. Ils étaient avec nous dans ce processus, et j’ai senti un soulagement en eux. Le fait qu’on soit honnête avec soi même et en accord avec ce qu’ils perçoivent a je pense aidé ce processus.

Et je viens d’une famille ou mes parents sont restés ensemble « pour les enfants ». Je sais que c’est une grosse connerie de faire ça, mais il y avait en moi un programme, une résistance bien ancrée qui a mis du temps à sauter.

Et puis j’avais peur de ne pas y arriver toute seule. A qui ça appartient ? J’ai cherché des idées et j’ai embauché une nounou, qui est super, et ma peur s’est calmée.

Mais il a fallu vérifier que c’était bien ça qu’on voulait faire. Avant de tout mettre en branle et l’annoncer aux enfants.

Parce qu’on s’entend très bien, on est les meilleurs amis du monde. On crée des œuvres ensemble, on peut tout se dire. Comme personne.

Mais on n’est plus amoureux.

Je me rends compte à quel point on se respecte en choisissant ce changement tant redouté.

On s’honore enfin, de reconnaître ce qui est et ce qui n’est plus.

Oui le changement nous a fait peur, maintenant il résonne comme un bienfait. En soulevant le tapis, on a pris les miettes et la poussière, on a vu qu’il y en avait tellement qu’on a relaissé tombé le tapis, on l’a re soulevé, et finalement un courant d’air à fait voler le tas qu’on ne voulait pas balayer.

Un vent de liberté, de confiance et d’inconnu total.